Il ne viendrait à personne l’idée de harceler un aveugle pour qu’il voie ou un paraplégique pour qu’il se lève de son fauteuil roulant.

C’est ce que nous faisons pourtant lorsque nous attendons de l’autre qu’il se comporte différemment de ce qu’il fait. Que déprimé, il soit actif. Que manquant d’estime de soi, il soit fort. Que manquant de confiance en soi, il entreprenne. Qu’handicapé des sentiments, il exprime ses émotions.

La plupart du temps, il nous est impossible d’admettre que l’autre fait du mieux qu’il peut avec son bagage, ses souffrances, ses dysfonctionnements qu’il voit lui-même juste comme des fonctionnements.

Notre jugement le condamne alors à culpabiliser, à se sentir inapte, incapable. Il souhaiterait probablement faire autrement mais il se heurte au quotidien à son incapacité… ce qui amplifie sa souffrance.

Pourquoi celui-ci se vante-t-il à chaque occasion de ses réussites ou de son passé ?

Pourquoi celui-là commence-t-il toutes ses phrases par « non » ?

Pourquoi cet autre se montre-t-il dévalorisant à chaque occasion ? Ou mou ? Ou revendicatif ?

Ou… ?

Les choses seraient beaucoup plus faciles et moins conflictuelles si nous n’exigions pas de l’autre d’être différent de ce qu’il peut être.

Et si, en se sentant respecté là où il est, certains changements s’avéraient possibles alors ? 

 

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