Je viens de faire une cure de jouvence grâce à des amis que d’aucuns qualifieraient du 4ème âge. 170 ans à eux deux, deux déambulateurs, une paire de cannes et une paire de béquilles. Plusieurs cancers en très lente évolution grâce à la lenteur de la reproduction de leurs cellules (au moins un avantage à être vieux !). Une multitude de problèmes de santé, une montagne de médicaments. Un rythme ralenti, un appétit amoindri. Des muscles ramollis… mais deux cerveaux en pleine possession de leurs moyens.

Le mot qui revient le plus souvent dans leur vocabulaire, c’est le mot amusant. Leur journée est rythmée par ce qu’ils font, voient, entendent d’amusant. Leurs souvenirs regorgent de choses amusantes. Pour en avoir partagé de nombreux, je sais bien que tout n’a pas été amusant dans leur vie. Ce qu’il en reste, ce qu’ils ont choisi de se remémorer, de narrer, ce sont les anecdotes amusantes.

Ils s’émerveillent devant les performances de leur Ipad même s’ils n’en utilisent qu’un milliardième. Ils apprennent à retrouver leurs petits-enfants sur Facebook, à taper un texto. Ils communiquent en Australie avec Skype. Ils regorgent d’envies de découvrir. Ils font des projets un peu fous parfois mais que je les crois capables de réaliser encore pour quelques-uns. Ils conduisent leur voiture avec prudence et expertise. Ils vont à la piscine. L’apéritif est un moment aussi sacré que celui de la prise des médicaments.

Ils sont bien plus jeunes que bien des jeunes que je connais.

Et ils piaffent de rage quand on les prend pour des petits vieux décérébrés ou qu’on tente de les escroquer dans certains commerces.

Ils tirent le monde vers le haut et leurs petits-enfants ont a cœur de leur rendre hommage en réussissant leur vie.

Chapeau bas à mes petits vieux préférés.

 

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