Il m'est arrivé de nombreuses fois de me reprocher d’écouter une petite voix qui me soufflait «  plus tard, au retour, en revenant, après », quand ce n’était pas quelqu’un qui me pressait.

A chaque fois, j’ai regretté d’avoir repoussé ce que je souhaitais faire.

Oh, rien de forcément très important mais de ces petites choses qu’on regrette ensuite plus ou moins longtemps.

Une photo avec une jolie lumière, un achat que je ne voulais pas porter trop longtemps, une visite d’un monument, un détour dans une ville…

Parfois il n’y avait pas de retour par le même itinéraire. Parfois la pluie ou une lumière quelconque enlevait tout intérêt pour la photo. Parfois l’objet convoité n’était plus disponible.

A chaque fois je me disais que je ne me laisserais plus avoir. Et si je m’étais laissé convaincre par quelqu'un, c’est bien sûr lui qui avait droit aux reproches.

Un jour, j’ai réalisé que j’étais seule responsable de mes comportements et qu’il m’appartenait de donner la préséance à la voix la plus importante pour moi, celle qui représentait le respect pour moi et mes envies, ma petite voix intérieure.

Je me suis mise à me demander «  qu’est-ce qui est vraiment important pour toi, qu’est-ce qui te fait le plus plaisir, est-ce que tu risques de regretter de ne pas avoir fait ça ? »

Et j'ai pris l’habitude de me positionner non seulement par rapport à l’autre mais surtout par rapport à la partie de moi qui cherchait, pour des raisons obscures, à me détourner de quelque chose.

Ceux et celles qui ont à faire à ces petites voix intérieures contradictoires savent de quoi je parle.

Leurs luttes prennent parfois une ampleur bien plus tragique que ces anecdotes de photos ou d’achats.

Mais c’est en commençant par de petites choses que l’on vient à bout d’autres, de plus en plus grandes.

C’est en commençant à se positionner pour des bricoles qu’on apprend à se respecter… et à se faire respecter.

Les procrastinateurs diront « pourquoi faire aujourd’hui ce qu’on peut remettre à demain ? »

Et moi je vous dis : ne courrez pas le risque d’avoir des regrets, le maître-mot est maintenant.

 

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