Lorsqu’un couple souhaite adopter un enfant, les services sociaux font des enquêtes interminables pour vérifier la motivation, les aptitudes, les conditions de vie, la psychologie de ces futurs parents.

Très bien, pourquoi pas.

Qu’en est-il de l’attention portée à l’enfant alors que l’on considère qu’il doit être juste heureux et satisfait d’avoir été choisi et adopté.

Qui songe que si les parents adoptent un enfant, il serait souhaitable que cet enfant puisse avoir le temps et l’occasion d’adopter ses parents, d’adopter un monde radicalement différents du sien, d’adopter sa nouvelle vie.

Présupposer que la démarche sera automatique du côté de l’enfant est bien présomptueux et dangereux.

Il en est parfois de même avec les enfants légitimes d’un couple.

Si durant toute sa jeunesse, un enfant grandit avec la conviction que ses parents ne lui apportent pas la sécurité affective. Si, en grandissant, il les juge inaptes en tant que parents, déséquilibrés, juste centrés sur leurs vies extra-conjugales, leurs problèmes existentiels. S’il avance dans la vie en se sentant un enfant illégitime de parents illégitimes. S’il croit au plus profond de lui-même que tout cela n’est que théâtre dans lequel il joue un rôle imposé.

Alors, il vivra sa vie en décalage, à côté. Il se regardera vivre, accomplir des choses, avancer en jugeant, pesant, commentant, critiquant comme il le ferait d’une pièce de théâtre.

Jusqu’au jour où il décidera d’accepter sa vie, de l’adopter. Où il acceptera ces parents-là comme étant ses seuls parents. Où il les adoptera.

Alors il mettra un pied dans sa vraie vie, puis un autre, puis un autre,…

 

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