Une journée qui commence sous la pluie. Juste un peu moins de trois heures pour effectuer les démarches nécessaires à l’établissement de mon passeport. Plus que largement le temps me direz-vous ?

Arrivée à l’ouverture de la préfecture. Photos d’identité qui jettent un voile sur la journée. Comment rester de bonne humeur devant une mine renfrognée, lèvres serrées, sans sourire. Juste de quoi faire ressembler n’importe qui à un terroriste.

-Ah non madame, les passeports, c’est à la mairie, pas à la préfecture.

Qu’à cela ne tienne, même s’il y a dix ans, c’était à la préfecture, je reprends un tram. Au moins, les photos sont faites.

-Ah non madame, il faut l’original de votre avis d’imposition que nous scannerons nous-mêmes, et votre ancien passeport aussi.

Retour à la maison pour chercher le nécessaire. Au moins j’ai le timbre fiscal. Re-mairie. 

Et puis, j’aurai participé à la rentabilité du tram aujourd’hui.

-Vous avez votre carte d’identité ?

-Mais je viens de vous donner mon passeport.

-Mais si vous avez les deux qui sont enregistrés, vous devez présenter les deux.

Ouf, je la trimballe toujours dans mon sac mais depuis peu seulement. Je l’ai échappé belle.

-Vous n’avez qu’un prénom sur le passeport alors qu’il y en a trois sur la carte. Ca va poser un problème à l’état civil.

-Mais… 

Bref, j’en passe. Au cas où l’autre service soit encore plus tatillon qu’elle, elle me conseille de commander une copie d’état civil à ma mairie de naissance pour leur faire parvenir le cas échéant.

Dans le tram de retour j’hésite à péter une pile, à rire de l’anecdote ou à maudire les fonctionnaires.

Et puis finalement, je m’en prends à moi-même d’être tombée dans le piège des présupposés.

C’était à moi de vérifier sur internet où aller déposer ma demande. A moi de lire correctement la liste des documents à présenter. A moi de prendre toutes les précautions nécessaires… surtout avec mes présupposés sur les fonctionnaires.

Se sentir responsable de ses actes évite de se battre contre des moulins à vent.

Et puis, les pavés de Strasbourg sous la pluie, ça a son charme.

 

Unknown