Clients patients
Dans les professions médicales, il est d’usage d’appeler les personnes qui consultent des patients.
Je me suis surprise à hésiter entre les termes de clients et patients et d’utiliser parfois l’un, parfois l’autre en ressentant à ces occasions un certain flou. Je me suis donc interrogée sur le sens de cette ambiguïté, cherchant dans la mesure du possible à clarifier au maximum mon fonctionnement et ma communication.
L’échange avec certains de mes collègues débutants m’a également éclairée sur la question.
En fait, l’ambiguïté peut refléter une interrogation sur l’argent, la manière de le gagner et les croyances personnelles liées à ces questions.
Pour certains, gagner sa vie en apportant de l’aide aux personnes en difficultés pose problème alors que vendre des marchandises n’en poserait pas.
Pour d’autres, il est question de leur légitimité à prétendre aider, à exercer ce métier.
Pour d’autres encore, le montant des honoraires faisant écho à la pénibilité de leur travail, aux investissements des tous ordres, à l’estime d’eux-mêmes ou à d’autres questions, ce montant s’avèrera parfois difficile à fixer et à assumer.
Les croyances concernant le travail et l’argent sont nombreuses et se reflètent dans des dictons qui ont été intégrés par certains inconsciemment, en sus des discours véhiculés dans leurs familles. Ces croyances se révèleront alors bénéfiques ou limitantes.
Une fois toutes ces questions posées, la meilleure raison pour moi d’appeler les personnes qui me consultent des clients, c’est qu’ils viennent chez moi pour suivre une thérapie brève et … qu’ils ne sont pas du tout patients.
