Colère
Si les émotions que l’on ressent sont souvent provoquées par un échange relationnel, c’est bien une résonnance personnelle qui va déclencher telle ou telle réaction plutôt qu’une autre.
Cette observation est particulièrement intéressante en ce qui concerne la colère.
A chaque fois que nous nous disons « il m’a mis en colère » ou « ça me met en colère », nous avons l’opportunité de nous poser les bonnes questions et d’apprendre à mieux nous connaître.
Personne n’a le pouvoir de déclencher une émotion en nous. C’est notre décodage, notre interprétation de ce que dit ou fait l’autre qui provoquera l’émotion, en résonnance avec un épisode passé… et souvent profondément enfoui.
Ce ressenti offre souvent l’occasion d’entrer en conflit avec l’autre : « tu m’énerves, tu me mets en colère, j’en ai marre, etc… », formulations qui agressent et appellent une réponse du même ordre.
Nous passons malheureusement à côté de l’occasion de nous poser les bonnes questions :
-Qu’est-ce qui résonne si fort en moi quand il me dit ça ?
-De quoi est-ce que j’ai vraiment marre ?
-Quel point douloureux est touché ?
L’humain est ainsi fait qu’il cherchera inconsciemment le moyen de se protéger. Attaquer l’autre plutôt que s’interroger et se remettre en question sert justement à ne pas remuer le marécage du passé.
Si l’on souhaite grandir, offrir une relation honnête de qualité, favoriser une bonne communication, ce n’est pas aussi compliqué qu’on le croit.
Posons-nous les bonnes questions :
-Qu’est-ce qui est touché en moi quand je me sens agressé ?
-A qui ou à quelle situation est-ce que ça me renvoie ?
-Qu’est-ce qui me met dans des rages folles devant un guichet ou un préposé lent, tatillon ou exigeant ?
-Qu’est-ce qui me fait réagir systématiquement en présence d’un certain type d’interlocuteur, dans une certaine hiérarchie ?
Et surtout adoptons la réponse qui désamorcera le conflit et nous mettra en communication sincère avec l’autre :
-Quand tu me dis cela, je me sens blessé
-Quand tu me dis, ou tu fais cela, je me sens en colère
Les stakanovistes de la communication pourront même aller jusqu’à dire : « je te remercie de me donner l’occasion de réfléchir à ce qui se passe en moi. »
Chacun a le pouvoir de régler ses propres conflits intérieurs sans en tenir l’autre pour responsable.
Oui, oui…
