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22 juin 2011

Dépendances

Je reçois un certain nombre de clients qui connaissent des problèmes de dépendances de tous ordres : alcool, drogue, tabac, nourriture, secte et bien sûr, la plus sournoise de toutes, la dépendance affective.

S’il est assez banal de rencontrer un cumul des genres avec tabac et alcool ou tabac et drogue par exemple, il arrive aussi que l’on trouve des familles de dépendants au sein desquelles chaque membre s’attachera à un objet d’addiction.

Prenons le cas d’une famille dans laquelle la mère fréquente assidument une secte, le père divorcé est alcoolique, la fille aînée dépendante affective, la seconde boulimique et le cadet fumeur de hasch.

Y aurait-il un terrain propice aux addictions ? Serait-ce le mimétisme, la génétique ou juste la répétition qui engendrerait le phénomène ?

Si l’on considère qu’une addiction n’est pas une maladie mais une tentative de résolution d’un problème, on commence à y voir plus clair. Une fois détectée la souffrance initiale que la personne tente de traiter par le biais de son addiction, on sera en mesure de remplacer la compensation pathologique par une autre plus saine ne présentant pas d’inconvénient secondaire.

Dans le cas de cette famille, atypique je dois dire, les parents n’étaient probablement pas en état de s’occuper de leurs enfants à la mesure de leurs attentes et les compensations se sont mises en place selon un modèle repéré puis imité.

Malheureusement, lorsque la compensation vient à tenir une telle place que le dysfonctionnement engendré est supérieur à l’effet escompté, c’est tout le système familial qui s’avère malade. Or, comme tout système, c’est son ensemble qui demande à être traité et non pas un ou l’autre des individus.

Si le père alcoolique et la fille boulimique sont conscients de leurs dysfonctionnements et les reconnaissent comme des addictions, il n’en va pas de même pour les deux autres qui ne peuvent même pas concevoir qu’elles aient un problème, sans parler du fils pour qui fumer du hasch est tout à fait normal… à 14 ans.

Si la jeune fille a consulté et décodé très vite la problématique familiale, elle a malheureusement été freinée dans son élan par une mère qui préfèrerait la voir intégrer sa secte pour la «guérir »  définitivement et efficacement.

La thérapeute ne peut que proposer son accompagnement en réponse à une éventuelle demande. Elle ne peut en aucun cas s’ingérer dans les choix familiaux ni se substituer à des parents défaillants voire toxiques.

Il s’agit juste de respecter la liberté de chacun de se laisser polluer… jusqu’à ce qu’il trouve la ressource nécessaire pour faire ses propres choix.

 

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