Déphasage
Il n’y a rien de plus beau que deux êtres qui s’unissent dans la complétude de leurs désirs.
Et je ne trouve rien de plus tragique que deux êtres qui tentent de se rejoindre sans réaliser qu’ils aspirent à vivre chacun sur une planète non seulement différente mais tellement distante l’une de l’autre.
Il dit ne pas pouvoir vivre sans elle, ne plus respirer lorsqu’il la voit s’éloigner. Elle est son air, son eau, sa raison de vivre. Sans elle, il n’existe pas. Il se sent vide. Il s’étiole, juste décentré vers elle s’il ne peut la toucher ou la sentir en permanence. S’il accepte ( !) qu’elle soit éloignée de lui par son travail, quelques heures de shopping donnent lieu à des SMS incessants.
Elle a besoin de liberté, de son espace lorsqu’après de nombreux déplacements dans une semaine professionnelle débordante, elle rentre dans son territoire. Elle a besoin de se sentir responsable d’elle-même, respectée dans ses aspirations. Elle ne peut surtout pas supporter la pression d’être investie de la responsabilité du bonheur de cet homme.
Plus elle demande à être entendue dans son essentiel tellement à l’opposé de ses besoins à lui, plus il s’accroche.
Plus il réclame son omniprésence, plus elle s’éloigne.
Le couple est le lieu qui permet la prise de conscience de son propre fonctionnement, de ses peurs, de ses besoins. Si l’on en attend inconsciemment la réparation de ses blessures initiales, il est voué à l’échec.
Comment être en lien avec l’autre si l’on ne peut l’être au préalable avec soi ?
![completude[1]](https://storage.canalblog.com/85/69/782083/66077978_p.jpg)