Commerce étranger
Ce matin je me suis trouvée piégée par mon étourderie : plus de yaourt à la brebis pour préparer ma crème Budwig matinale. Qu’à cela ne tienne. J’ai toujours du pain au congélateur au cas où. Oui mais, plus ni beurre ni fromage dans la maison. J’imagine un instant aller déjeuner chez ma copine/voisine mais je n’ai pas le cœur à la réveiller aussi tôt.
Je descends donc chez l’épicier turc du coin pour acheter un peu de fromage de chèvre.
Et là je me dis « c’est tout de même sympa de pouvoir compter sur ces commerçants courageux qui se lèvent tôt. »
Lui s’est probablement dit qu’il ne sert que de dépanneur pour les étourdis, ce qui n’est pas faux.
Peut-être avez-vous entendu bien souvent les bons Français que nous sommes râler contre toutes ces marchandises importées que « les gens » achètent au lieu de faire tourner le commerce français et de couler les braves commerçants bien de chez nous.
Qui achète les milliers de voitures étrangères que nous croisons sur nos routes ? Les milliards de vêtements chinois qui envahissent nos étals ?
Qui commande sur internet tous ces objets copiés, détournés et souvent dangereux, mais tellement moins chers ? Qui se dépanne chez tous les petits épiciers arabes, souvent turcs d’ailleurs et pas arabes, dans les quartiers que ne fréquentent pas leurs congénères ?
Et si chacun se sentait concerné par ce qu’il fait au lieu d’être en perpétuelle accusation ?
Ca me rappelle une histoire de paille. Ou de poutre ? Les deux peut-être bien…
