Père manquant, fils manqué
Un père peut manquer de multiples façons à son enfant. Il peut être mort, en déplacement professionnel pour de longues périodes, très absent de la maison en y rentrant tard chaque soir ou enfermé dans son bureau, rivé à la télé ou à l’ordinateur.
Si la qualité de sa relation à ses enfants est bonne, même de loin, par skype ou autre, l’enfant ressentira une présence forte dans ses mots, son attention, l’intérêt porté, les valeurs transmises, l’affection dite et montrée.
Rien de plus frustrant qu’un père physiquement présent mais relationnellement manquant.
Il est important qu’un père soit présent sur les deux pôles, éducatif et affectif.
Un garçon a besoin d’un modèle masculin structuré, père ou figure paternelle de l'entourage, qui lui balise le chemin du masculin, avec lequel il pourra mesurer sa force et apprendre à la contenir. A défaut, il risque de s’effondrer au premier échec. Il ressentira une certaine faiblesse qu’il tentera de vaincre en entrant dans des stéréotypes de héros plus ou moins violents. Ne ressentant pas un masculin fort qui aurait installé de la confiance en soi, il craindra souvent les femmes tout en cherchant parfois à en séduire le plus grand nombre pour tester sa valeur.
Un des rôles essentiels du père est de séparer l’enfant de la mère, encore dans une fusion naturelle, pour permettre sa socialisation. A défaut, l’ado risque de se faire récupérer par des bandes plus ou moins dangereuses, religieuses ou politisées dont les leaders savent très bien quoi offrir à ces jeunes en manque de colonne vertébrale. S’il n’a pas eu un modèle lui permettant d’être suffisamment bon comme papa, il risque de rechercher la perfection du héro.
Une des meilleures manières de s’en sortir pour un homme ayant manqué de père, c’est de sortir du stéréotype du masculin pur et dur, c'est à dire humaniser le masculin pour ne pas sombrer dans ces stéréotypes. Cesser de vouloir tout régler tout seul. Oser tendre la main à la femme extérieure ou au féminin de son être sans le ressentir comme de la faiblesse.
Et surtout, oser demander de l’aide.
Après-demain, je traiterai de la fille manquée.
