Communication… de base
Je suis persuadée que vous faites partie, pour la plupart, de cette secte insidieuse qui vise à nous isoler chacun dans notre souffrance et notre frustration. La secte des « moi aussi ».
- J’ai une boule au sein, je dois faire des examens approfondis…
- J’ai un cancer…
- Je viens de perdre mon mari…
- Je me relève tout juste d’une fausse couche…
- Je viens de perdre mon travail…
- Je suis fatigué…
- Ah, moi aussi, j’ai vécu ça…
Quand ce n’est pas « ah, le cousin de la soeur de ma voisine a eu la même chose ».
Tu sais quoi, co- - - - se, je m’en fous du frère du cousin de ta pu- - - -n de voisine. C’est de moi dont je te parle. De mon expérience, de ma souffrance. De mon besoin d’être entendu, soutenu. J’ai juste besoin d’entendre des mots de compassion. Juste besoin d’une épaule pour m’épancher. Juste d’un regard bienveillant, d’un encouragement à pouvoir prolonger mes mots.
Je suis sûre que chacun(e) de vous a vécu cette situation. et je suis sûre que malheureusement, chacun(e) de vous a répondu… au plus tard à la 3ème phrase, « moi aussi… ».
Nous sommes pris dans le tourbillon de l’indifférence, de la non-écoute. De ce fait, à la première perche tendue, nous saisissons l’occasion de parler de nous. Parfois, c’est dans l’intention bienveillante de partager notre expérience, juste pour montrer qu’on peut s’en sortir. Ce n’est pas de cela dont l’autre a besoin. Il a juste besoin d’être entendu là où il en est. Juste déposer ce qui le tourmente. Juste s’entendre recueilli.
« Dis-moi où tu en es, ce que tu ressens, est-ce que tu as envie d’en parler un peu plus…
Peut-être a-t-il juste besoin d’être pris dans les bras…
Alors, qui se sent prêt à inverser la tendance, qui se sent prêt à parier sur l’avenir, à faire comme le colibri, sa part du job pour que tous, au fur et à mesure, nous puissions juste être entendus là où nous en sommes, sans commentaire, sans jugement ?
C’est un joli défi à relever, vous ne trouvez pas ?
