On est toujours le pauvre de quelqu’un.

C’est ce que je me dis en pensant aux Italiens du Sud qui émigrent au Nord ou en France espérant y trouver du travail.

Les Africains, eux, émigrent là où accostent au hasard leurs bateaux. Victimes de négriers modernes, ils tentent de vendre leurs objets invendables aux touristes du monde entier, là où ils les croisent, y compris dans ces régions qui se dépeuplent au profit d’horizons meilleurs.

Pour eux, c’est partout plutôt que chez eux, éblouis par les émissions télévisées qui leur font miroiter l’eldorado européen.

Ils survivent à peine, probablement pas plus que chez eux. Avec la solidarité en moins. La considération, le respect en moins. Et leurs espoirs déçus.

Comment enchaîner les journées alors qu’ils entendent des centaines de « non » par jour ? Qu’ils essuient des refus tout juste polis ?

Comment leur faire entendre que dans la misère, on n’est nulle part mieux que chez soi, entourés des siens ?

La compassion, ce serait simplement de partager un sourire, quelques mots.

Juste parce qu’on a la chance d’être né du bon côté.

 

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