Prenez une petite fille perturbée qui sait que son papa ne veut pas la voir et qui se sent très mal. Elle a du mal à se concentrer en classe, chantonne ou refuse parfois de faire le travail que la maîtresse lui demande. Elle promet à sa maman de faire des efforts l’an prochain.

Ca, c’était l’an dernier. A cela s’ajoutent cette année une aggravation du manque de concentration, de moins bonnes notes, des angoisses, la peur d’aller à l’école jusqu’au vomissement. Elle se ronge aussi les ongles jusqu’au sang avec même un panari qui se développe.

Elle accepte de me consulter mais refuse de parler durant dix bonnes minutes en ne s’exprimant qu’avec des gestes pour enfin avouer qu’elle a un secret avec la maîtresse qui lui aurait dit « c’est un secret et ça doit rester entre toi et moi ».

Le secret, c’est que la maîtresse, dès le premier après-midi de la rentrée des classe, a sorti son bureau dans le couloir où cette petite file de 8 ans doit suivre les cours, le plus souvent porte fermée. Elle est totalement isolée et les autres se moquent d’elle bien sûr. La maîtresse hurle beaucoup aussi, même avec les autres élèves.

A la question de savoir ce qui motivait l’attitude de la maîtresse, elle a répondu qu’elle pense qu’elle la connait de l’année dernière, qu’elle croit qu’elle sera « méchante » comme l’an dernier et que donc elle s’en débarrasse.

Il faut dire que devant la maman, cette maîtresse semble très concernée, aidante et compatissante.

Cet exemple, juste pour pointer que certains métiers ont un énorme impact sur d’autres humains et ceux de l’enseignement en particulier. On ne peut pas s’assurer que ces gens soient sains d’esprit, équilibrés et qu’ils ne se laissent pas polluer par leur propre histoire. On ne peut pas toujours poser un diagnostic ni exiger qu’ils se fassent suivre. Tout comme on ne peut pas empêcher un pilote de se suicider aux commandes se son avion.

J’ignore quelle sera la sanction ni s’il y en aura une. 

Il ne semble pas question d’oeuvrer en prévention, par la formation, par le respect des enseignants ballottés de réforme en réforme, souvent plus absurdes les unes que les autres.

Un grand nombre d’enseignants est en dépression et je suis bien placée pour le savoir. 

Une grande partie quitte le métier avant et parfois après avoir sombré.

Certains s’adaptent selon des critères importants pour eux mais deviennent frustrés et aigris.

Heureusement, il en reste un grand nombre qui sont de merveilleux enseignants, motivés par leur tâche dont ils mesurent l’importance, engagés et dévoués.

Dommage que nos enfants soient soumis à la loterie.

 

Unknown