Grandir avec une mère ou un père en difficulté est parfois traumatisant pour un enfant.

Certains parents sont alcooliques, dépressifs, psychotiques parfois. D’autres souffrent de comportements moins spectaculaires et néanmoins déstabilisants.

Au-delà des manifestations de mal-être auxquelles sont confrontés les enfants, ce qui s’installe de plus problématique pour eux, c’est le besoin de les aider. Ils grandissent avec cet espoir auquel ils ne renoncent jamais. Cela structure leur comportement au point qu’ils rencontreront souvent un (e) partenaire en difficulté également. Ils se transforment au fil des ans en parents de leurs parents.

Cette attente est malheureusement vouée à l’échec.

La plupart du temps, lorsque l’on veut aider quelqu’un, on se focalise sur son symptôme qui prend tout le devant de la scène… au point que l’amour se cache derrière et qu’on le croit disparu.

On s’épuise à tenter des stratégies toutes aussi inefficaces les unes que les autres, ancrant à chaque fois un peu plus le sentiment d’échec. On ne voit que ça, on ne pense qu’à ça, on en réduit la personne à son dysfonctionnement.

En inversant les propositions, on ouvre la possibilité qu’il se passe quelque chose de différent.

Je propose qu’on focalise sur ce que l’autre a de bon. Qu’au milieu de tout ce qui est difficile, on mette en avant les petites choses positives. Même en face de quelqu’un en grand désarroi, on peut vivre des moments de grâce, de paix, de rencontre vraie. On peut valoriser le petit moment d’amélioration, croire que c’est un pas qui en précède d’autres. Mettre toute son attention, toute sa foi dans la guérison pour amplifier chaque instant positif.

C’est une manière de renoncer à la toute puissance qui fait croire qu’on peut rendre l’autre heureux ou malheureux, qu’on a du pouvoir sur lui.

C’est témoigner qu’on croit au meilleur de lui-même et l’entraîner sur cette voie.

C’est tout simplement cesser d’entretenir un système morbide auquel on participe activement.

 

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