Toutes les personnes que je rencontre sont des ex-enfants qui ne demandent qu’à s’exprimer et enfin révéler leurs lourds secrets.

Elles ont enfoui de nombreuses stratégies de survie au plus profond d’elles-mêmes.

Ces enfants ont bien souvent fait semblant d’aller bien pour protéger leurs parents. Pour ne pas rajouter une couche à leur malheur d’avoir déjà un enfant malade ou handicapé, subi une perte, se débattre dans des difficultés insurmontables ou juste être des êtres fragiles.

Certains enfants sont très forts à ce petit jeu. Ils font instantanément profil bas, semblent faciles, heureux, conciliants.

Ils feront le clown, amuseront la galerie. Certains sembleront heureux d’aller en pension, d’être éloignés de leurs parents, de rester seuls le soir.

On s’extasiera devant leur bonne nature. On se félicitera d’avoir un enfant si facile.

Et lui, pendant ce temps renforcera sa carapace au point d’oublier qu’il en porte une. Au point de croire qu’il est réellement heureux. Qu’il a réellement choisi ce qu’il vit.

Le réveil peut être brutal. Il en voudra parfois à cet ex-enfant de s’être renié.

Le salut passe par la reconnaissance. L’attendrissement sur cet enfant.

L’adulte actuel pourra alors prendre soin ce cet enfant, l’entendre enfin, le cajoler, le laisser pleurer… enfin.

Et lui apprendre à se montrer tel qu’il est, sans carapace, sans forteresse étouffante, juste lui.

 

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